Frank Smith : Des guérillas poétiques

Hippocampe éditions

 

Ouvrage monographique collectif consacré au poète et vidéaste Frank Smith 

Sous la direction de Jean-Philippe Cazier

 

Textes de :

Paul Ardenne, Jeff Barda, Véronique Bergen, François Bonenfant, Jean-Philippe Cazier, Amaury da Cunha, Frédérique Cosnier, Liliane Giraudon, Éric Loret, Fiona McMahon, Luigi Magno, Rodolphe Olcèse, Barbara Polla, Yann Perreau, Vanessa Place, Aline Pujo, Pauline Quinonéro, Mark Sanders, Blandine Sorbe, Gaëlle Théval, Colette Tron et Frank Smith

 

 

Consacré à l’œuvre poétique et filmique — encore en train de s'aventurer – de Frank Smith, ce livre rassemble des études écrites pour la plupart inédites.

Un travail en cours, discret, tourné vers les gouffres du monde actuel, ouvert sur les profondeurs insoupçonnées de l’humain et de la terre : poursuivant l'invention et l'expérimentation de formats diversifiés, de l'espace sonore à l'espace littéraire, de l'espace cinématographique à l'espace scénique, pour Frank Smith l’écriture semble moins consister à construire qu’à creuser, toujours plus loin, pour atteindre la lumière et laisser deviner la vie qui y prend forme. 

Dans ce que l’on appelle aujourd’hui « poésie », il y a toujours une forme de guérilla. L’on pourrait d’ailleurs rapprocher le titre Pour parler (avec des dessins de Julien Serve, éditions Créaphis, 2029), du livre de Deleuze, Pourparlers, dans lequel celui-ci écrit que la philosophie est inséparable d’une guérilla. L’enjeu, dans Pour parler, et dans la poésie ou le travail en général de Frank Smith, est moins d’adhérer ou non à telle ou telle forme mais de produire de l’informe dans la forme, de produire de l’informe avec la forme : travailler la forme, la pousser à sa limite – ou ses limites – de telle sorte que ce qui lui échappe et la détruit surgisse en elle. Dans le domaine du cinéma, c’est ce que Godard montre et fait, en particulier dans son dernier film, Le livre d’image : la « narration » est débordée par ses ramifications, l’image est débordée par ses composantes (la couleur, la lumière...), la langue est débordée par le langage – chaque élément du film est poussé jusqu’à ses limites internes pour un chaos qui est le monde et la pensée autant qu’un film qui implose. N’est-ce pas aussi ce que fait la poésie de Smith, chercher ou inventer des limites de la langue pour en faire les brèches par lesquelles la langue sort d’elle-même, est envahie par ce qu’elle rejette ou refoule ? 

Le parcours proposé pour quadriller cette œuvre repose sur une vingtaine de contributions qui traitent ou des actes poétiques ou des actes filmiques ou de l’entrelacement des deux, visant à mettre en perspective les voisinages féconds entre poésie, image et politique. L’ouvrage tentera d’offrir des entrées efficaces et variées dans l’œuvre, également par des effets d'échos et de reprises entre les chapitres. Ce sera ainsi une progression en zigzag qui, de page en page, amènera le lecteur vers les points névralgiques de cette poésie en co-errance.

 

 

Parution prévue au printemps 2021