COMMENT,

 

COMMENT

 

DANS L'ORDRE

 

DES DISCOURS

 

ENFIN PRENDRE

 

LA PAROLE ? 

 

 

CHŒURS POLITIQUES

POÈME DRAMATIQUE POUR VOIX

 

Un livre paru aux éditions de l'Attente, août 2017

 

 

 

Envoi 

 

Une série de propositions, juxtaposées les unes aux autres, devenues scène, signes, ni disjonctions ni conjonctions, mais répétition d’un seul événement, sans origine de quoi que ce soit et sans réapparition de la même chose, l’événement de la vie unique et irréductible. Voix, qui se machinent et disent ce qui a été prononcé ailleurs, sur d’autres plateaux, dans d’autres régions temporelles et selon d’autres repères, qui ici s’écoutent autrement, sollicitées de ne rien faire en n de compte qu’exprimer l’élucidation du mouvement de la parole dans son déplacement même. Stabilisations provisoires de l’expérience d’un agir en quête d’ouverture, ces voix apparaissent, jamais à leur place, jamais fondues dans une identité prescriptible, tantôt du fond sombre qu’elles portent de loin sans le savoir, tantôt dramatiquement proches, une confidence, une prescription, hors des apparences, qui se retourne sur elle-même.

 

Quant au drame, il advient dans des murmures et des balbutiements par intercalation, dans des profondeurs plutôt que des longueurs et des largeurs. Aucune solennité, mais sous ces voix constamment détendues, on peut entendre le craquement de la disparité, un théâtre où se posent des problèmes et leurs questionnements et où se jouent les différences de l’actuel présent.

 

Fin de la représentation. Le théâtre de maintenant ? 

 

 

 

Chœurs politiques a été créé le 3 juin 2017 dans le cadre des Futurs de l’Écrit, un projet initié par l’Abbaye de Noirlac – Centre culturel de rencontre, comme une extension de la résidence d’auteur de Frank Smith à Châteauroux (novembre 2016 > avril 2017) initiée par CiClic et accueillie par Équinoxe et le Réseau des Bibliothèques de Châteauroux.

Mise en voix Michaël Martin-Badier. Avec la participation de Louis Bavouzet, Francois Clément, Margot Coelho, Marc Divry, Nicole Fernandez, Daniel Jalu, Marie-Christine Journoux, Franz Christian Sacher, Marie Anne ibault, Julianne Vernaudon et Lydie Villemaux.

  

Remerciements à Solène Chouk, François Claude, Éric Defaix, Yann Dissez, Paul Fournier, Thomas Peyres, Barbara Polla, Fabienne Tarante. 

 

 

"Frank Smith, avec Chœurs politiques, refonde le théâtre tragique le plus contemporain possible pour la scène politique... après Brecht et Heiner Müller, cela faisait donc longtemps que l'on attendait poétiquement Frank Smith et les choeurs en politique - à lire et à voir partout pour entendre ce qui se passe ici ! Et c'est un poème, enfin, politique, enfin : Frank Smith le nom de tout-monde pour tout le monde."

Alain Jugnon

 

"Que pourrait être un poème collectif - un faire qui soit authentiquement politique ? Dans Chœurs politiques, son nouveau livre, Frank Smith pose cette question en la faisant lui-même, en la fabriquant comme seuls fabriquent les poètes. Il assemble les voix d'une tragédie qui est celle du présent, mais qui ignorait encore comment parler d'elle-même comme d'un ensemble. L'exercice est vertigineux. Lisez." 

Laurent de Sutter

 

"Étranges et magnifiques conseils à un jeune poète politique."

Hugues Charybde

 

La singularité de Chœurs politiques est de pousser la logique de la dépersonnalisation – qui ne signifie pas désincarnation ou abstraction – à l’œuvre dans le théâtre contemporain jusqu’au point où le texte devient collectif, pluriel : non plus l’expression d’un individu ou de la représentation de celui-ci sur la scène (personnage), mais discours d’une pluralité anonyme qui est celle du texte-voix lui-même, de l’écriture en tant qu’elle n’est pas l’attribut d’un sujet mais le murmure d’une langue collective, le flux d’un « silence » qui n’appartient à personne, la libération d’une langue en elle-même disséminée et disséminée entre tous ceux qui la parlent et la font indéfiniment varier.

Jean-Philippe Cazier

 

 

"Dernier jour, dernier livre. Pas facile de choisir parmi tous ceux que j’ai appréciés récemment mais celui-ci, un peu comme les « Lettres à un jeune poète » il y a presque 30 ans, m’a fait l’effet d’une bombe. Il y a des livres comme ça, qui vous tombent dessus comme si on vous réveillait en pleine nuit pour vous bombarder de phrases dont chacune produit un mini séisme et creuse en vous une faille – pas de celles qui vous plongent dans l’obscurité et les doutes, plutôt le genre à tracer des tunnels dans tous les sens (les sens physiques mais aussi ceux qui poussent l’esprit à voyager) –, des livres qui vous immergent dans des espaces aux perspectives infinis, dont on ressort avec la sensation d’une immense liberté ; celle de pouvoir regarder le monde d’en haut, comme à la sortie d’un rêve où l’on a passé les dernières heures à voler.
Jean-Philippe Cazier, dans un article pour Diacritik, dit qu’ « il pourrait s’agir d’un livre de poésie, d’un texte politique autant qu’éthique, d’un essai sur la poésie en même temps qu’un essai sur un mode de vie et de pensée encore nouveau. Le livre de Frank Smith pourrait être tout cela – et c’est effectivement ce qu’il est tout en étant autre chose. »

Pas d’identification précise quant au genre de ce texte donc, ni au sujet des personnages qui restent anonymes puisqu’ils n’ont ni âge, ni origine, ni statut définis, mais qui se trouvent rassemblés autour d’un même procédé, celui d’un dialogue entre une voix off qui pose des questions autour du discours, de la parole, et un Chœur qui affirme sans détour la notion de collectif, d’ensemble (d’être ensemble, de former un tout), pour exprimer d’une seule voix – « le murmure d’une langue collective » – des réponses formulées comme autant d’ouvertures possibles, autant de façon de voir le monde pour se libérer de ce qui nous pèse et que l'on s'impose : nos conditionnements, nos conflits intérieurs, nos obsessions, nos peurs, nos besoins d’affirmation et de reconnaissance, tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes et d’être à la fois personne. Car c’est peut-être là la clef ; dans cette idée qu’il nous faudrait lâcher un peu de ce nous-mêmes autour duquel on s’est construit et auquel on s’accroche souvent désespérément mais qui n’est, au fond, peut-être qu’une illusion, qu'un obstacle à ce qui nous permettrait d’accéder à un état où le tout – le tout politique, philosophique et spirituel – serait en parfait équilibre et sans mettre en danger le soi, le moi, le je…" 

Mélanie Cessiecq-Duprat, mai 2020

 

 

Presse

 

Pour en finir avec la représentation, par Véronique Bergen, Art press, décembre 2017

Fin de la représentation, par Jean-Philippe Cazier, Diacritik

Entretien avec Fabien Ribery, L'intervalle

Frank Smith : Voix, par Jean-Paul Gavard-Verret

Blog de Hubert Charybde

 

 

Pour en finir avec la représentation, Par Véronique Bergen, Art press
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