LE FILM DU NON-LIEU
20 min, 2025
Un film écrit et réalisé par Frank Smith
Voix, présence et danse : Rodolphe Perez
Image et montage : Frank Smith & Arnold Pasquier
Chorégraphie : Mylène Benoit
Son, partition sonore et musique originale : Philippe Langlois
Musique additionnelle : Nicolas Devos & Pénélope Michel (Puce Moment / Cercueil)
Production : hypercommun, Même si & Sans Production
Comment se représenter un monde qui nous échappe — non parce qu'il serait insaisissable, mais parce qu'il y aurait peut-être trop à saisir ? La question ne cherche pas de réponse. Elle ouvre un espace.
Depuis une série de plans fixes tournés à New York, au Salton Sea en Californie et à Malaga en Espagne, le film tente d'épuiser des lieux abandonnés — ces territoires que le droit a façonnés puis désertés, laissant s'inscrire dans la matière ce que personne n'est plus tenu d'observer : infrastructures rouillées, berges craquelées, espaces vidés de leur usage sans avoir été vidés de leur mémoire. La pluralité de ces dehors désertés coexiste avec le dedans le plus profond d'une présence humaine : une voix dite comme en surimpression sur les images, un acteur qui n'agit rien mais figure et dit ce qui ne peut pas être vu.
Le film procède par dédoublement — entre l'image et ce qu'elle ne montre pas, entre le corps présent et la voix qui lui échappe, entre le lieu filmé et l'histoire intime qui aurait pu y avoir lieu. À la fin, le même corps réapparaît — mais dans un ailleurs. Et là, il danse. C’est la danse du non-lieu : ce qui ne peut plus coller au sol, ce qui ne peut plus coller à la terre, et qui cherche peut-être à recommencer ailleurs, sur une autre terre, sur un autre sol.
Un film de cinéma primitif — à la recherche de ses propres règles, en quête d'une orientation nouvelle, construit à partir de la voix et du corps autant que de l'image.