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TOUT RÉFLÉCHIR

 

LES FILMS DU MONDE

50 CINÉTRACTS + 1

 

 

Les Films du monde constituent une série inédite de 51 cinétracts. 

 

Les cinétracts sont, à l’origine, des films de banc-titre réalisés à la prise de vues à partir de documents photographiques de l’actualité nationale et internationale, une initiative lancée en mai 1968 par le cinéaste Chris Marker.

 

Les Films du monde renouent avec cette expérience cinématographique, tant poétique que politique, en se concentrant sur les failles du monde contemporain. Selon leur protocole, les cinétracts devaient « contester-proposer-choquer-informer-interroger-affirmer-convaincre-penser-crier-dénoncer-cultiver » afin de « susciter la discussion et l’action ».

 

 

20 CINÉTRACTS 53 min. - Production Les films du Zigzag, 2016

51 CINÉTRACTS 135 min. - Production Les films du Zigzag, 2018

 

« Les Ciné-tracts, c’est une idée de Chris Marker. Le magnétoscope et tous ces petits films, c’était un moyen simple et peu cher de faire du cinéma politique, pour une section d’entreprise ou un comité d’action, puisque la bobine coûte cinquante francs tout compris. Et surtout l’intérêt est moins la diffusion que la fabrication. Cela a un intérêt local de travailler ensemble et de discuter. Cela fait progresser. Et puis la diffusion peut se faire dans les appartements, les réunions. On peut les échanger avec d’autres films de comités d’action voisins. Cela permet de repenser à un niveau très simple et très concret le cinéma. Cette fabrication peut faire comprendre aux gens qui font du cinéma qu’il faut travailler avec les gens qui n’en font pas, et comme la fabrication est extrêmement simple, les gens qui n’en font pas comprennent que les problèmes de cinéma sont simples en fait, et qu’ils ne sont compliqués que parce que la situation politique les complique. Les films doivent êtres faits par des groupes sur une idée politique. Car de la même manière que les cours, on les réécrit avec les lycéens, de la même manière, je crois qu’il faut faire les films avec ceux qui les voient. »

 

"Portés par une réflexion profonde mêlant considérations politiques, humanistes, philosophiques et esthétiques, ces quelques cinquante addenda rajoutés par Frank Smith au jet original de 1968 continuent le combat, dans un esprit de synthèse complexe - une complexité à la mesure de ce que l'on appelait naguère, au temps où l'on entendait encore changer l'Histoire, la "représentation du monde", à ce jour fuyante, démultipliée et multipolaire."

Paul Ardenne 

  

"Un usage explosif du cinéma. Les cinétracts de FS vous sautent à la gorge. Boum ! Une démarche importante qui convoque et hisse."

Vivianne Perelmuter 

 

"Une immersion dans un monde poélitique. Des prodiges d'intelligence, de concision, des manifestes uniques de Notre siècle et ses barbaries."

Manuela Morgaine

 

 

Presse

À bras le corps

Diacritik

 

 

Diffusion

Centre Pompidou, Paris, Hors Pistes 2016, mai 2016

Centre d'Art et Photographie de Lectoure, commissariat Aline Pujo, été 2016

La Terrasse, Espace d'Art de Nanterre, printemps 2018

Centre de la photographie de Genève, mai 2018

Galerie Analix Forever, mai 2018

L'Échangeur, Bagnolet, mai 2018

 

 

 

Frank Smith, Cinétracts

Vite, fixer l'image d'un monde chaotique avant qu'elle ne fuie

 

Paul Ardenne

 

 

 

Avec ses Cinétracts, Frank Smith reprend à la lettre le fil qu'entreprennent de tisser les cinéastes Jean-luc Godard, Chris Marker et Alain Resnais voici cinquante ans, dans l'effervescence parisienne de Mai 68. Qu'est-ce alors que le "cinétract", dont le vocable, déjà, éclaire sur sa forme, celle, légère, d'un message d'urgence et de combat ? "Les cinétracts sont des mini-films non signés, réalisés en mai et juin 1968, dans le sillage des évènements de Mai, ainsi que dans les années suivantes, de manière irrégulière. Ces courts-métrages militants, tournés généralement en 8 mm, ont souvent été diffusés hors du circuit commercial.” 

 

Fixer, avant qu'ils ne passent, un point de vue sur la réalité, une Stimmung, un état d'âme, telle est la vocation première du cinétract. Ajoutons-y cette dimension militante chère aux contestataires de Mai 68. Le cinétract, par essence, contrecarre le "récit" officiel, la manière conventionnelle de faire des images parlées, les usages établis de la grande machine médiatique. À la méthode convenue et encadrée des reportages de la télévision publique alors naissante, il offre le contrepoint d'un point de vue inédit, souvent inversé. Ce miroir audiovisuel reforme, refonde une image déformée par la propagande officielle et le Contrôle.

 

 

Les Cinétracts de Frank Smith, génériquement, ne bousculent cette donne première. Utilisant les moyens facilités d'appropriation qu'offrent les médias contemporains, notamment le réseau numérique et la documentation en ligne, ils sont autant de messages d'urgence, de réflexions sur le devenir d'un monde, celui de notre début de 21e siècle, devenu violent et chaotique. Cette fois, il ne s'agit plus d'estampiller une situation nationale mais un devenir global, planétaire, un "état du monde" où une situation de tension politique à Hong-Kong, au fond fond du Texas ou sur la Méditerranée est "un coup de couteau dans notre destin", comme l'aurait formulé le Jean-Paul Sartre de Qu'est-ce que la littérature (1948), texte dans lequel le philosophe de l'existentialisme légitime au nom de l'éthique le fait, écrivain, artiste, créateur, de s'engager - de devoir s'engager. Portés par une réflexion profonde mêlant considérations politiques, humanistes, philosophiques et esthétiques, ces quelques cinquante addenda rajoutés par Frank Smith au jet original de 1968 continuent le combat, dans un esprit de synthèse complexe - une complexité à la mesure de ce que l'on appelait naguère, au temps où l'on entendait encore changer l'Histoire, la "représentation du monde", à ce jour fuyante, démultipliée et multipolaire.

 

 

 

 

LE FILM DES TÉMOINS

CINÉTRACT 001 (5') 

 

 

Existerait-il hors du temps de l’événement, un art, un emploi de l’imagination qui relie le témoin qui témoigne au témoin intégral ? Une puissance, un devenir actif, la production d’un rapport un tant soit peu humain, un mouvement enfin décisif ?

 

Le 5 avril 2015, à North Charleston (Caroline du Sud), Walter Scott, un homme noir, est abattu de plusieurs balles dans le dos par un policier alors qu’il prend la fuite suite à une arrestation. Une vidéo-témoin montre l'officier Michael Slager en train de tirer à huit reprises sur le fugitif alors qu'il ne représentait visiblement aucune menace.

 

Ce film veut témoigner de la survivance de ce qui ne peut pas mourir, le témoignage, et questionne les mots manquants pour dire ce déni : la démolition de l'homme par l'homme.

 

VOIR LE FILM ICI