• dans los angeles est un livre
• dans los angeles est une pièce sonore radiophonique
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Dans Los Angeles
(avec trois photographies de Catherine Gfeller)
Editions Le bleu du ciel, 2008
« Cent pages, presque autant de textes brefs et denses, comme des plaques un peu liquides, chacune liée à un point précis de la ville. Mais le narrateur (parce qu’un récit s’ébauche, se centre autour de la notion de colporteur) est continuellement en mouvement dans la ville, un trajet comme cette ville qui n’a pas de centre, une ville qui ne se reconnaît plus d’un nom à l’autre nom, et qui exige l’habitat provisoire de la voiture comme seul trait commun.
De quelle façon aborder la complexité de Los Angeles, avec quels mouvements, quels arrêts, quel travail sur l’image, quelle saisie des silhouettes, visages, noms, enseignes, et quelles permanences au contraire ?
Bien sûr, devant cette mise à l’épreuve, c’est la prose elle-même qu’on interroge. »
François Bon
_Françoise Han, L'humanité, 20 juin 2009
Dans Los Angeles, de Frank Smith, s’annonce comme la première séquence d’une trilogie américaine, dont l’auteur est un écrivain français, également cinéaste. Le livre paraît dans une collection de poésie contemporaine. Il se propose de rendre compte d’une cité qui n’a pas de centre. A-t-elle une langue ? Elle en a plusieurs : l’américain et, sur la fin, l’espagnol font des intrusions. Et elle s’en cherche une qui lui soit propre. « Au centre du carrefour, il y a une source jaillissante comme les prémisses d’une autre langue et il y a en effet des mots de passe qui glissent sous les discours officiels, des mots qui seraient comme de passage, des composantes de passage. »
Quelqu’un, désigné comme « le colporteur », circule en voiture, sans fin dans Los Angeles et ses alentours. Au début, il est assis sur la banquette arrière et demande à un autre passager ce qu’il veut. Réponse : « Je suis assez curieux de savoir comment cela va se poursuivre. » Récit, donc, et même enquête où la question de mort est posée, lira-t-on. Mais un peu plus loin, le colporteur, qui est désormais au volant, dit non à un récit « aveugle et malentendant », dans une page qui est un pur poème en prose. Le colporteur est tout à la fois narrateur et poète.
Le récit, avec de belles touches descriptives comme : « Des haillons fuient, on a du mal à les identifier », s’égaille dans la Cité des anges. Le lecteur happe au passage des vues qui ne sont pas seulement celles d’une ville ou d’un paysage, mais d’une société : un Asiate aveugle faisant la manche au pied de la City Bank, une résidence protégée, luxueux ghetto des wasp (protestants blancs anglo-saxons), un quartier « où s’empilent cartons et sans-abri », une station balnéaire, une scène de violence raciste. Sur tout cela plane « la permanente sentence de mort ». Simultanément, et cela est dit presque à chaque page, le récit cherche son itinéraire dans les mots, les phrases, l’écriture. Et dépasse la cité, s’étend à la terre entière. Le poème se manifeste tout soudain, où que ce soit. « Ce genre de trouble provoque chez le colporteur une grande transformation de l’air qu’il respire, de la steppe environnante, de l’or soleil et du sel naturel. »
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L.A évocatrice et sans frein | Zoomout
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